L’empreinte de nos assiettes

Voici une nouvelle chronique climatique! Cette fois-ci, sur l’impact de ce que nous mangeons… Le réfrigérateur se vide, il est temps d’aller à l’épicerie. En marchant dans les allées, je prends conscience que les aliments offerts sont d’une variété surprenante. Lesquels choisir? Tofu ou bœuf haché? Pois chiches ou poulet? Végétarisme ou non?

Plusieurs végétariens affirment que leur alimentation sans viande bénéficie au ralentissement des changements climatiques. Certains vont encore plus loin et adoptent des habitudes dites «végétaliennes», c’est-à-dire une alimentation qui ne comprend aucun aliment de source animale. Toutes protéines animales, que ce soit les œufs ou les produits laitiers, sont remplacées par des protéines végétales comme le soya ou les légumineuses.

Depuis que ma colocataire a adopté à son tour une alimentation végétalienne, j’ai voulu démystifier le tout et je me suis demandé si tous ces efforts étaient insignifiants ou s’ils aidaient réellement le climat à mieux se porter.

Selon Environnement Canada, le secteur agricole émet environ 30% des émissions canadiennes de gaz à effets de serre. La première idée qui nous vient en tête quand on réfléchit à la source de ces émissions est celle de la combustion d’énergie fossile pour la machinerie agricole. Cependant, la grande majorité des émissions provient plutôt de la production animale, les principales sources étant celles de la fermentation intestinale des ruminants (vaches, bœufs, moutons) et de la gestion de leur fumier qui émettent des quantités importantes de méthane (CH4), un gaz à effet de serre plus puissant que le dioxyde de carbone (CO2). De plus, il ne faut pas oublier la surface agricole nécessaire pour nourrir tous ces animaux qui finiront par nous nourrir.

Ainsi, 34% des terres cultivées de notre planète sont consacrées à faire pousser de la nourriture pour le bétail. Je peux déjà imaginer en quoi remplacer les protéines animales est un geste bénéfique pour l’environnement. En effet, 18% des émissions de gaz à effets de serre dans le monde découlent de l’élevage du  bétail. Qu’en est-il de l’agrandissement des terres agricoles qui accompagnerait une augmentation drastique de la consommation de protéines végétales?

Certains chercheurs d’une agence étudiant l’impacts environnemental aux Pays-Bas se sont posés la même question. Pour produire cent kilogrammes de protéine, le bétail est le grand champion, avec un espace nécessaire de 0,6 hectares. Vient ensuite le porc avec 0,36, les légumineuses avec 0,25 et le lait avec seulement 0,1. Ceci démontre que la viande rouge a effectivement la plus grande empreinte écologique. En éliminant la viande rouge de notre alimentation, nous diminuerions de moitié les émissions du secteur agricole. Mais soyons réaliste. Je ne veux aucunement tenter de vous convaincre de devenir végétariens, je ne le suis pas moi-même. J’ai par contre réduit volontairement ma consommation hebdomadaire de viande. Pour ce qui est du végétalisme, les émissions pourraient être réduites aux deux tiers, cependant l’espace agricole nécessaire pour cultiver les plantes pour remplacer les protéines laitières, dont le lait de soya par exemple, augmenterait légèrement. Dans le fond, la plus grande réduction de gaz à effets de serre est liée à la substitution de viande rouge plutôt qu’à la substitution de toutes les protéines animales. De plus, l’école de médecine de l’Université Harvard recommande de réduire notre portion de viande quotidienne pour des raisons de santé, pour diminuer des risques de cancer de l’intestin et de maladies cardiaques.

Finalement, j’en conclus que les efforts des végétariens et des végétaliens sont effectivement très louables, j’ai l’intention moi-même de réduire ma consommation de viande. Par contre, je crois aussi que nous pourrions diminuer significativement l’impact de nos habitudes alimentaires simplement en consommant des produits locaux. Le lait de vache d’ici a certainement une empreinte beaucoup moins importante que le lait de riz importé d’Asie! Un repas moyen en Amérique du Nord parcourt en moyenne 2000 km avant d’arriver dans notre assiette. Pensez-y, mangez local!

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