Mais que s’est-il passé durant la première semaine?

par Catherine Gauthier avec la contribution d’Adam Scott

Ce blogue devait être en ligne plus tôt, mais je n’avais pas de connexion internet. Désolée!

La semaine dernière, les négociations ont été lancées dans les champs les plus importants. À présent, des groupes informels tentent d’arriver à des ébauches de textes pour les sessions de haut niveau des prochains jours. Même si nous n’avons pas encore observé de progrès significatif, il y a plusieurs signes qui nous portent à croire que les négociations s’intensifieront sur un bon nombre d’enjeux. Malgré tout, à l’issue de la Conférence de Cancun, nous ne nous attendons pas à l’obtention d’un accord légalement contraignant. Par contre, la rencontre serait une réussite si des progrès notables étaient réalisés sur les points suivants.

Vision à long terme (AWG – LCA | traduction : Ad hoc Working Group – Long term Cooperative Action)

La vision à long terme implique que la Conférence de Cancun doit se conclure par un plan qui permettra de créer un nouveau traité sur le climat pour les années à venir, suite à l’échéance de la première période d’engagement au Protocole de Kyoto. Sans cela, l’ensemble du processus de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques serait compromis. En effet, un accord international est essentiel si on veut éviter des accords bilatéraux entre des groupes tels que le G20, le partenariat Asie-Pacifique, etc. Ceux-ci ne parviendraient pas à un accord légalement contraignant, équitable et où les parties seraient imputables de leurs actions ou inaction.

À Cancun, nous discutons donc de la forme que prendrait un éventuel traité sur le climat et de la façon dont celui-ci serait négocié. Ce dernier élément est particulièrement important considérant que l’Accord de Copenhague avait été négocié que par quelques pays. Alors que cet accord n’a pas été discuté en présence de toutes les parties, on peut questionner sa légitimité (surtout depuis les révélations récentes de wikileaks). Ainsi, comment pourrait-on transformer l’Accord de Copenhague en un traité légal sous l’égide de l’ONU? Ces questions sont cruciales et déterminantes du futur du Protocole de Kyoto.

Le futur du Protocole de Kyoto (AWG – KP | traduction : Ad hoc Working Group – Kyoto Protocol)

Les discussions tournent autour des nouvelles cibles de réductions des émissions pour la deuxième période d’engagement du Protocole de Kyoto. Le Japon a fermement affirmé son intention de ne pas s’engager pour cette deuxième période. Cela pose un énorme problème, car des pays tel que le Canada affirment ne vouloir s’engager que si tous les autres pays s’engagent également dans un nouveau traité. Ainsi, il est certain que le Canada appuiera le Japon dans ses efforts de bloquer les négociations.

Éléments clés de la Conférence de Cancun

MRV (Monitoring, reporting and verification) – Les États-Unis et la Chine négocient sur la façon de reporter et vérifier leurs réductions. Les pays développés souhaitent que la Chine adopte un système transparent et accessible pour des fins de vérification. Par contre, les États-Unis eux-mêmes ne sont pas d’accord pour être imputables dans ce domaine. Un accord est attendu cette semaine et celui-ci serait un véritable signe de succès à Cancun et faciliterait les négociations sur d’autres enjeux.

Finance – It a été décidé qu’un « fond vert » serait créé pour distribuer l’aide financière. Par contre, la façon dont cette aide serait distribuée n’est pas encore déterminée. Plusieurs éléments font l’objet de sérieux litiges : est-ce que le fond devrait être géré par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, ou par un organe plus controversé tel que la Banque mondiale.  Évidemment, les pays en développement souhaitent un contrôle de l’ONU afin d’avoir un accès direct à ce fond sans avoir à obtenir la permission d’un pays développé ayant contribué au fond…

LULUCF (Land Use, Land-use change and Forestry) – Les pays négocient un amendement majeur au Protocole de Kyoto pour inclure de nouvelles règles. Le Canada a tenté d’éviter un système d’imputabilité commun à toutes les parties pour utiliser ses propres chiffres! Depuis Kyoto, le Canada n’a pas géré ses forêts de manière durable, et nos forêts sont maintenant une grande source d’émissions plutôt qu’un puits de carbone. Pour cette raison, le Canada en est à repenser sa volonté à s’engager à ce niveau. Nous nous attendons également à ce que notre pays refuse toute mention à une année de référence commune, la façon de reporter les données, etc.

REDD (Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation) – Il semblerait que Cancun puisse produire des éléments intéressants à ce niveau. Plusieurs points techniques du règlement sont encore incertains et pourraient mener à une politique efficace, mais aussi à un désastre total. Les débats concernent les règles d’imputabilité, les incitatifs et, plus important encore, le respect des droits des peuples indigènes à tous les niveaux.

Jusqu’à présent, le gouvernement canadien a échoué à tous ces niveaux. Le monde entier pointe du doigt notre pays qui s’est complètement désengagé en matière de changements climatiques. Nous avons un besoin urgent de leadership politique de la part du Canada, et nous sommes maintenant assurés que ce leadership ne viendra du gouvernement actuel qui nie l’existence des changements climatiques…

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