Au nom des droits de la planète!

« ¡El pueblo unido jamás será vencido! » « Le peuple uni ne sera jamais vaincu! » Les slogans fusaient dans les rues de Cancun ce mardi. Une marrée de drapeaux, des bannières et surtout des milliers personnes ont traversé la ville dans le cadre de la marche pour la vie et la justice sociale et environnementale. Cette marche organisé par Via Campesina, soit un mouvement international de paysans, était le pilier central de la campagne Un millier de Cancuns qui visait à reproduire de tels rassemblements partout dans le monde en solidarité avec la marche ici à Cancun. La marche coïncidait avec l’arrivée d’une quarantaine de ministres à la CdP16 envers qui était dirigé le message que les fermiers « refroidissent » la planète.

Aujourd’hui, nous étions donc entourés de paysans, d’autochtones et d’activistes qui revendiquaient une justice climatique et les droits de la Terre mère. Les peuples autochtones qui vivent directement des ressources de la terre. Par contre ici, il ne s’agit pas seulement des droits des peuples autochtones, mais aussi des droits de la terre elle-même qui mérite qu’on la préserve. Trop souvent, nous prenons les ressources naturelles pour acquis et c’est de réaliser que la terre rend tant de services depuis des siècles, sans quoi nous ne serions pas ici, mais on se doit de la préserver maintenant avant qu’il ne soit trop tard.  Pour les manifestants qui étaient présents, la terre a donc droit à l’environnement sain duquel elle bénéficiait avant la révolution industrielle et l’ère des énergies fossiles dans laquelle nous vivons toujours.

La justice climatique est un concept qui souligne le fait que ceux qui subissent le plus l’impact des changements climatiques sont souvent des peuples déjà marginalisés et plus vulnérables. Par exemple, des paysans africains seront beaucoup plus affectés par la variation des pluies puisqu’ils sont déjà dans une situation précaire en ne bénéficiant pas de support de l’état. La marche visait à rappeler aux dirigeants politiques des pays développés leur devoir de prendre des mesures non seulement pour diminuer leurs émissions de CO2, mais aussi pour supporter financièrement et avec des transferts de technologies les pays en voie de développement qui sont victime de cette injustice climatique. Injustice parce que c’est nous qui avons crée le problème et que c’est eux qui le subissent.

Les paysans et les autochtones étaient aussi présents en grand nombre pour défendre les droits de la Terre mère. Cette idée est issue de l’accord de Cochabamba, un texte

À la marche, on retrouvait aussi ceux qui ont fait partie des caravanes qui ont traversé le Mexique pour arriver à Cancun il y a quelques jours. 36 autobus remplis de gens d’un peu partout au monde, mais surtout du Mexique et de l’Amérique latine, se sont retrouvés au camp de base de Via Campesina à 2hrs de route de Cancun pour un forum international sur la vie et la justice sociale et environnementale. Puisque la CdP16 ne permet qu’un accès restreint à la population générale, ce forum se veut ouvert, juste et vrai. En effet, les solutions y sont discutées par les gens affectés directement, dans un objectif d’implantation au niveau communautaire,  et ne sont pas influencées par des facteurs politiques et économiques comme à la CdP16.

À la fin de la marche qui s’est déroulée dans un esprit très festif et pacifique, les gens se sont rassemblés pour tenir une assemblée du peuple. D’ailleurs, comme vous l’avez probablement déjà remarqué sur notre blogue, des dizaines d’assemblées du peuple ont lieu au Canada tout au long de la CdP16.  Ces assemblées sont connues à l’échelle de la planète et ce veulent un rassemblement pour discuter des enjeux concernant les changements climatiques et les solutions qui pourraient s’appliquer. Ces assemblées sont nées suite à l’incapacité de nos gouvernements de développer un accord international qui est légalement contraignant pour réduire les émissions à l’échelle de la planète. Des personnes se sont donc mobilisées pour prendre les choses en mains, unir la population et trouver des solutions applicables dans leur milieu pour entreprendre ce que les gouvernements tardent à faire.

Je voudrais donc terminer en vous partageant ce sentiment « d’empowerment » (désolé pour l’expression anglophone) que j’ai ressenti aujourd’hui en prenant part à cette marche. Il peut être facile de douter du succès de la marche en termes d’influence sur les négociations de la CdP16.  En effet, durant la marche, les négociations se poursuivaient tranquillement à l’air climatisé dans un grand hôtel chic barricadé de tous les policiers de la région sous les hélicoptères qui surveillaient la progression des protestants.  Par contre, je n’ai aucun doute sur le succès de la marche en ce sens que la cause n’est pas perdue. Nous étions des milliers là à exprimer notre désir de changer les choses et je me suis sentie beaucoup moins seule. Si chacun d’entre nous, non seulement les quelques milliers ici à la marche, mais les centaines de milliers de gens qui ont la cause du climat à cœur dans le monde  se mobilisent aussi, nous avons le pouvoir d’être des agents de changements dans nos communautés.  Pourquoi attendre que nos gouvernements prennent les devants, nous pouvons agir maintenant et ils n’auront pas le choix tôt ou tard de faire de même. Donnons leur l’exemple!

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