La jeunesse dans la convention des Nations-Unies!

Une étape importante a été franchie avec l’adoption de l’Article 6 de la Convention des Nations-Unies sur les changements climatiques. La fin des négociations de cet article représente le premier consensus obtenus depuis le début de la CdP16! Cette décision a été accueillie avec satisfaction puisque que des répercussions positives sur la jeunesse accompagneront la mise en pratique de cet article portant sur l’éducation, la formation et la sensibilisation du la population.

Vendredi dernier, la salle des négociations était remplie de jeunes et de représentant d’organismes non-gouvernementaux venus souligner l’importance d’adopter l’Article 6, soit une mer bleue avec nos chandails à l’effigie de la jeunesse. Ceux-ci portent d’ailleurs le slogan suivant: Vous avez négocié toute ma vie, ne me dite pas que vous avez besoin de plus de temps. Le président de l’assemblée a même mentionné à quelques reprises cette forte présence inhabituelle pour ce genre de négociations. La pression a été suffisante pour que les négociateurs sentent le besoin d’en arriver à un consensus. Par contre, la partie n’était pas gagnée à l’avance. La session qui devait durer 90 minutes s’est vue rallongée d’une vingtaine de minutes, assez longtemps pour qu’une série d’autres négociateurs attendant à la porte deviennent impatients d’entreprendre les négociations suivantes.

Au départ, les États-Unis montraient peu de collaboration envers les interventions. Des mésententes en lien avec des détails de financement des activités de sensibilisation et de formations ralentissaient le rythme des négociations. Pour ramener les négociateurs à l’agenda, la République Dominicaine a exprimé d’un ton ferme le besoin d’en venir à un accord. Cette intervention a été solidement accueillie de la part des observateurs. Après la crainte de voir la fin des négociations reportée, les pays ont finalement trouvé consensus sur le nouveau texte de l’Article 6.

Grâce à ce progrès, les enfants sont maintenant inclus dans la Convention des Nations-Unis sur les changements climatiques. En effet, Mme Donna Goodman, de l’Earth Child Institute, a partagé son enthousiasme de maintenant voir les mots « enfant, jeunes »  incluent dans la Convention. Mme Goodman affirme que les enfants héritent déjà des impacts des changements climatiques. L’Article 6 permet maintenant de reconnaître l’importance du droit de la jeunesse de bénéficier d’un avenir sain. . En effet, les jeunes ont le droit d’avoir accès au même ressources naturelles et environnement dont leurs prédécesseurs ont bénéficié auparavant. Avec la crise grandissante du climat, les jeunes risquent de voir ce droit bafoué. Mme Goodman mentionne également que les jeunes ont le pouvoir de faire une différence. Cet article leur en conférera davantage. La mise en application de l’Article 6 permettra de développer des programmes d’éducation sur les changements climatiques par des organismes intergouvernementaux tels que l’Unicef, la FAO ou l’UNESCO. L’article 6 ouvre également les portes pour des campagnes de sensibilisation sur les changements climatiques auprès de la jeunesse, mais aussi auprès des générations plus âgées afin de les sensibiliser sur l’importance de respecter les droits de la jeunesse en matière de changements climatiques Mme Goodman met l’emphase sur le fait que l’article 6 reconnait maintenant l’importance de l’éducation à tous les niveaux et de l’action intergénérationnelle pour lutter contre les changements climatiques.

Une jeune haïtienne âgée de 14 ans seulement accompagnait aussi Mme Goodman après la fin des négociations. « Ce n’est pas qu’une question concernant notre futur, c’est que nous pouvons aussi faire partie de la solution. Nous avons l’espoir, l’imagination, l’énergie, mais il nous manquait que d’un peu plus de support des leaders politiques », affirme-t-elle en faisant référence à l’article 6. Elle présentait d’ailleurs le projet Eco-Haïti dont elle fait partie et qui a été initié par des jeunes haïtiens. Il s’agit du développement par des jeunes d’infrastructures plus écologiques, qui répondent davantage à des critères de développement durable. Malgré la bonne nouvelle de l’Article 6, cette jeune haïtienne semble pourtant avoir une crainte lorsqu’elle affirme que les négociations de la CCNUCC on débuté avant même qu’elle vienne au monde. « Les négociations pour éviter le pire des changements climatiques durent depuis toujours. Nous les jeunes, nous sommes fatigués de les voir parler alors que cela devrait déjà être réglé. Les pays disent qu’ils vont le faire, alors ils n’ont qu’à le faire maintenant. »

Grâce à l’article 6, davantage d’initiatives seront également implantées pour préparer les jeunes à la venue des changements climatiques. L’éducation et la formation sont la base d’une prise en charge. Avec les atouts en main, les jeunes seront en mesure d’être davantage inclus dans le développement des solutions. Le partage de connaissances, la collaboration intergénérationnelle et l’éducation par les pairs sont des objectifs de l’implantation de l’Article 6. Espérons que la suite des négociations se poursuivra sur le même ton!

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