De l’énergie, mais à quel prix?

L’énergie, tout le monde en a besoin. Que ce soit une prise de courant pour recharger mon ordinateur sans lequel ce texte vous ne serait pas parvenu ou que ce soit les noix à mes côtés qui me donne de l’énergie malgré le manque de sommeil ! Mais ici, je vais présenter une sorte d’énergie beaucoup plus controversée qu’un sac de noix : le gaz de schiste. En ce moment, avec le soleil qui plombe ou le vent qui souffle autour de moi, je me dis que l’humain c’est quand même cassé la tête pour trouver de l’énergie aussi loin dans le sol alors que d’autres sources d’énergies sont tellement plus accessibles. Mais non, nous avons creusé le sol pour y trouver les énergies fossiles, notamment le pétrole, le charbon et le gaz naturel, qui proviennent de la fossilisation de la matière organique. En plus, ces énergies mettent en péril le climat de notre planète.

Cet après-midi, je me suis rendue au forum alternatif sur le climat, Klimaforum. Kandy, une autochtone du Dakota du Nord aux États-Unis et militante dans l’organisation Indigenous Environmental Network, nous a livré un témoignage poignant sur la réalité de l’impact de ces exploitations. Son discours m’a touché au point que j’ai voulu le partager avec vous. Mais avant, voici en quoi consiste le gaz de schiste.

Le gaz naturel est un combustible fossile qui est présent naturellement dans les roches poreuses. En 2008, le gaz naturel représentait 10,73 % de la consommation énergétique totale au Québec. Le gaz de schiste est un type de gaz naturel non conventionnel présent en accumulation continue dans la roche de schiste. Cette expression signifie qu’on en retrouve en faible concentration dans un grand volume de roche, alors que le gaz naturel se concentre davantage en un endroit comme une poche de gaz dans la roche. Cette caractéristique du gaz de schiste rend donc son exploitation difficile. La roche de schiste est reconnue pour avoir une faible perméabilité. C’est-à-dire que la roche est opaque et qu’elle laisse difficilement passer quoi que ce soit. Pour résoudre ce problème, l’industrie du gaz de schiste a recours à une fracturation hydraulique qui fissure la roche pour faciliter l’exploitation, parce qu’avec plus de fissure, plus de trous pour laisser passer le tout. Mais attendez, voyez-vous le problème? Ces entailles peuvent parfois atteindre jusqu’à 3 km…

Ces entailles creusées ne seraient pas si néfastes si c’était seulement de la roche qu’il y avait en dessous de nous, mais ce n’est pas le cas. Le verre d’eau à côté de moi prend soudainement une toute autre dimension. Vous voyez où je veux en venir? Ce sont les nappes phréatiques, donc l’eau souterraine qui n’est pas si loin en dessous. D’autres enjeux sont aussi reliés à ces exploitations. On utilise de l’eau pour fracturer la roche et de nombreux produits toxiques y sont ajoutés pour faciliter cette fracturation. Je n’ai personnellement pas envi que ceux-ci se retrouvent dans mon verre d’eau. Le risque est aussi qu’une fissure qui atteindrait la nappe phréatique contaminerait l’eau avec du gaz naturel et très peu d’infrastructures peuvent traiter l’eau présentement pour ce genre de contamination. Kandy nous a raconté qu’elle a elle-même survécu à un cancer rare au cerveau à l’âge de 20 ans et qu’elle vient tout juste d’assister aux funérailles de sa meilleure amie qui n’a pas eu la même chance. Il y a eu 5 cas de ce type de cancer dans la dernière année dans une communauté de 300 personnes, soit 1.5% de la population…c’est un taux anormalement élevé. De plus, la fracturation hydraulique augmente les risques d’effondrement ou d’affaissement de terrain puisqu’elle modifie la structure de la roche qui nous supporte.

L’organisme environnemental Équiterre affirme que l’exploitation du gaz de schiste augmenterait de façon significative les émissions de gaz à effets au Québec. Oui, il est vrai que le gaz naturel produit moins de CO2 que le pétrole, mais ce n’est pas en développant d’autres industries d’énergie fossile qu’on va régler la situation. L’extraction des gaz de schiste représenterait un minimum de 1,9 mégatonnes de GES supplémentaires qui seraient émis au Québec. Ce n’est pas avec de telles initiatives que le gouvernement du Québec va réussir à atteindre ses objectifs de réduction de gaz à effets de serre de 20% sous le niveau de 1990 d’ici 2020.

Par contre, il ne faut pas ignorer le grand potentiel économique du gaz de schiste qui pourrait accroître considérablement l’approvisionnement énergétique mondial. Équiterre mentionne aussi qu’il y aurait assez de gaz de schistes au Québec pour que l’on devienne indépendant énergétiquement. Mais à quel prix sommes-nous prêts à développer cette industrie? Sommes-nous prêts à sacrifier des vies? N’oublions pas que le soleil et le vent sont encore là et que si nous avions tous des panneaux solaires sur nos toits avec des éoliennes au lieu de ces exploitations, nous serions aussi capables d’être indépendants énergétiquement.

Cependant, il est très important de faire la part des choses. Kandy nous racontait justement que des communautés autochtones ont été arrachées de leur terre pour qu’un champ d’éolienne y soit installé pour fournir de l’énergie pour une nouvelle mine d’or. Ce n’est pas ce genre de développement qu’on est venu promouvoir ici à Cancun. La solution réside dans une prise en charge décentralisée de la production d’énergie par les communautés elles-mêmes. Par là, je veux dire que nous devrions avoir plusieurs petites sources d’énergie au lieu d’en développer une à grande échelle, comme le gaz de schistes. C’est une question de justice, les communautés devraient se réapproprier la production d’énergie. Ceci permettrait à chacun d’entre nous de décider de ce qui est la meilleure solution pour nous dans notre contexte au lieu que des industries privées ne nous l’impose. Je suis certaine que la communauté de Kandy aurait fait un choix différent si elle en avait eu la chance. N’oublions pas, avant même de penser à augmenter la production d’énergie, commençons aussi par diminuer notre consommation d’énergie et par augmenter l’efficacité énergétique des nos infrastructures.

Alors comme le dit David Suzuki, « Moi je garde espoir. Les solutions existent. Il appartient à nous de les appliquer. » Commencez par signer cette pétition: http://bit.ly/aqhmH5

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