Le Canada dans 25 ans – Que souhaite la jeunesse?

Quand j’ai appris qu’on avait retenu ma candidature en tant que membre de la Délégation de la jeunesse canadienne, j’ai d’abord été très excitée, mais aussi un peu inquiète. En tête de la liste de mes préoccupations, une question que d’autres membres se posaient également : « avons-nous vraiment le droit de parler au nom de la jeunesse canadienne? » La réponse courte est que, même avec une bonne conscience, nous ne pouvons pas représenter tous les jeunes au Canada. De la même manière, nous ne pouvons même pas prétendre que toute la jeunesse canadienne est aussi déterminée à passer à l’action que nous le sommes, bien que j’aie pu me rendre compte que les jeunes sont beaucoup moins apathiques que ce que les médias nous portent à croire. Alors non, je ne peux pas affirmer que je représente tous les jeunes Canadiens, mais je peux dire que lorsque j’arriverai à Cancun à la fin novembre, je vais porter le message de centaines de jeunes de partout au Canada qui sont parfois même trop jeunes pour voter, mais qui sont assez vieux pour savoir que le Canada pourrait faire mieux. Beaucoup, beaucoup mieux.

Au cours des deux dernières semaines, entre des préparatifs de dernière minute pour Cancun et de nombreuses listes de choses à faire, j’ai visité les écoles secondaires de la région d’Ottawa. J’y ai rencontré des étudiants, discuté de ce que j’allais faire à Cancun, pourquoi il est important qu’il y ait des jeunes lors des négociations, et comment les jeunes de retour au Canada peuvent s’impliquer et faire une différence.

À la fin de chaque atelier, après que nous ayons discuté de la responsabilité du Canada face aux changements climatiques et de toutes les choses que nous pouvions faire plutôt que de polluer, j’ai passé des bandes de tissu (de vieux draps) et demandé aux élèves d’imaginer le Canada dans lequel ils souhaiteraient vivre dans 25 ans. Quinze minutes plus tard, je suis fière d’avoir récolté des tissus aux couleurs vives qui dessinent un Canada plus durable : trains de passagers, éoliennes, panneaux solaires sur les toits, voitures électriques, pistes cyclables, des quartiers piétonniers, les jardins sur les toits verts…

Le point le plus positif dans tout ça est que tout est possible, sans dépenses supplémentaires! Nos gouvernements provinciaux et fédéraux ont le pouvoir de prendre l’agent qu’ils utilisent pour subventionner l’industrie gazière et pétrolière pour l’investir dans des infrastructures durables, une agriculture verte et des énergies alternatives. En 2008, les gouvernements ont dépensé 2,84 billion de dollars pour supporter la production pétrolière. 2,84 billion de dollars! Pouvez-vous imaginer si cet argent avait servi à soutenir l’adaptation aux changements climatiques et des mesures d’atténuation?

Le gouvernement et l’industrie ont rejeté du revers de la main l’idée d’éliminer ces subventions, mais même les plus hauts bureaucrates du gouvernement canadien recommandent de mettre un terme à ces incitatifs accordés aux industries gazières et pétrolières. Par ailleurs, plusieurs études ont démontré que l’élimination de ces subventions n’aurait qu’un impact négligeable sur l’emploi et la croissance économique au Canada. Par comparaison, une étude récente publiée par la Fondation GLOBE (GLOBE Foundation) a révélé qu’en 2008, les « six secteurs verts » de la Colombie-Britannique ont généré des recettes de 18,3 billion de dollars dans l’économie de la province, et ont permis de créer – directement comme indirectement – près de 166 000 emplois à temps plein. Il y a là un potentiel énorme dans l’économie verte émergente qui pourrait devenir une source importante d’emploi pour les familles canadiennes, et il est temps que le gouvernement canadien en prenne conscience.

Ce sont tous des points dont j’ai discuté avec plus de 200 élèves du secondaire, que j’ai rencontrés au cours des deux dernières semaines, et qui, dès la fin de l’atelier, ont pu réaliser et montrer par leurs dessins qu’il existe un meilleur avenir et une voie alternative à celle empruntée par notre gouvernement fédéral.

J’apporterai ces morceaux de tissu avec moi, à Cancun. J’espère que les décideurs politiques prendront le temps d’y jeter un coup d’œil pour comprendre quel est le Canada que les jeunes souhaitent réaliser d’ici les 25 prochaines années. Ces décideurs auront ensuite à se demander comment leurs efforts pourraient contribuer à rendre cet avenir possible.

Soyez attentif au CO2tidien pour des nouvelles sur la façon dont ce message sera délivré aux décideurs politiques.

Erica Nickels

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